"VILLES ET TRANSPORTS" COMME CHAMP DE CONNAISSANCE
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LES DIFFICULTÉS DE LA TRANSMISSION DES CONNAISSANCES
De nombreux intervenants et participants évoquent les difficultés
rencontrées dans la diffusion des connaissances dans le secteur des
transports, en direction notamment des responsables politiques. Cette
situation n'est pas étrangère à la faible diffusion de données
statistiques existantes, d'analyses visant à affiner les connaissances
en segmentant les populations, les pratiques de mobilité sur la base de
la CSP ou du type d'habitat... Alain Bieber relève que "tout ce
qui différencie le traitement social des groupes en matière de
transport n'est pas une denrée facilement vendable". Il se déclare
convaincu aujourd'hui de "la nécessité de s'en tenir à la
diffusion de résultats simples et de répondre à une idée simple par
une autre idée simple. Il faut être conscient du fait que les
institutions, dans le domaine du transport, ne peuvent se saisir que de
résultats simples, non parce qu'ils n'ont pas les capacités
intellectuelles de les analyser, mais qu'ils sont dans l'obligation de
les retraduire en termes politiques. Cette transformation impose une
simplification considérable de la réalité. Ce phénomène explique
pour une part le succès de la conjecture de Zahavi qui permet d'appréhender
les rapports entre distance, vitesse et urbanisation à travers le paramètre
des temps de déplacement".
Il est souligné, en outre, que dans le champ des transports, le mode
d'introduction des statistiques sur la scène politique n'est pas
anecdotique puisque certaines se voient soit balayées purement et
simplement, soit interprétées dans un sens fallacieux. "Quand
certains élus lisent que la part de marché de la voiture est de 95%,
cette donnée va renforcer la puissance de la voiture à leurs yeux.
Quand on dit qu'un mode est fort, cette information le rend encore plus
fort et quand on dit qu'un mode est faible, elle le rend encore plus
faible". Au total, il est jugé urgent de "conduire des
observations sur la manière dont s'opère la transmission des
connaissances dans le secteur des transports".
LE POIDS DES REPRÉSENTATIONS ET MODÈLES DOMINANTS
Divers intervenants soulignent l'importance des références
implicites, qui structurent les représentations communes associées aux
transports. Ils illustrent ce phénomène par la tendance à assimiler:
la mobilité à quelque chose de positif a priori ; le transport
individuel à l'automobile en excluant la marche ou la bicyclette ; le
transport individuel et les valeurs individuelles...
"Aborder le problème des déplacements en opposant d'une part
une modalité qui serait individuelle et une modalité qui serait
collective constitue une erreur théorique. Il n'existe pas de modalité
individuelle de transport. Le transport effectué à l'aide d'une
voiture particulière n'est pas individuel, il est collectif, car il
suppose non seulement la voiture, mais l'infrastructure routière, la réglementation
et la régulation du trafic... qui nécessitent de très lourds
investissements collectifs. (...) On a affaire à un système collectif
de transport à l'intérieur duquel les stratégies individuelles diffèrent,
les uns pouvant parcourir l'espace créé par la collectivité à l'aide
d'un mobile qu'ils conduisent eux-mêmes, les autres pouvant s'en
remettre à des sociétés de service de transport. Les deux modes
traitent de l'individu dans un espace collectif de transport et lui
proposent des relations individuelles dans un système de transport
collectif" (Michel Barjansky).
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LA NÉCESSITÉ DE COMPLEXIFIER L'ANALYSE
Parmi les préconisations suggérées par les intervenants et les
participants, relevons:
La nécessité de prendre en compte la polysémie des phénomènes
étudiés, qu'il s'agisse de la polysémie des transports et de la
multi-dimensionnalité de la mobilité, de la triple dimension de la
voie comme espace, infrastructure et réseau, de la diversité des périurbains...
Antoine Aumont souligne que "la multi-dimensionnalité de la sédentarité
et de la mobilité incite à multiplier des approches qui mettront tantôt
l'accent sur l'identification des déplacements et sur leur mesure ou
plutôt sur les dynamiques sociales et économiques qui organisent les
modes de vie et leur cadre, mais qui peuvent aussi s'attacher à des
représentations ou à des politiques".
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à la recherche "d'une figure de l'urbanité qui articule
le mobile et l'immobile, le transport et la permanence"
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Dans ce contexte, la question qui se pose aujourd'hui est celle de
la production d'un espace urbain capable de résister à la logique de
la séparation, à l'oeuvre depuis le fonctionnalisme et de restaurer
une dialectique entre le nomade, le mobile et l'immobile, le stable et
l'instable, entre "l'espace de la vitesse fluide et l'espace de
l'inertie", entre "le mouvement et le repos", entre
"le fixe, le mouvant, la maille, le point fixe et le réseau"...
à la recherche d'une figure de l'urbanité
qui articule le collectif et l'individuel
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Sylvia Ostrowetski relève une carence de la pensée contemporaine,
incapable de penser l'interaction entre le collectif et l'individuel, en
réponse à la fragmentation croissante de notre environnement urbain.
Elle souligne, par ailleurs, "l'appauvrisse- ment croissant du
collectif dans la sphère publique", qu'elle impute à sa prise en
charge quasi complète par l'État. "Il y a là un des problèmes
majeurs de notre société. L'État traite du collectif et le privé
joue sur l'individuel. Il n'y a aucune pensée socialisatrice de
l'interaction entre les deux. (...)
Dans ce contexte, deux questions deviennent essentielles: comment
faire de l'espace urbain un espace sociable ? Quelle est la place des
transports dans la nouvelle culture urbaine ? "Quelle est la place
des transports urbains au sein de cette culture ? Et réciproquement
dans quelle mesure une vie sociale, contemporaine, moderne, peut-elle
s'intégrer à l'univers du transport ? Le transport supporte-t-il
encore, dans sa réalité actuelle, le terme d'urbain au sens commun du
terme ? (Sylvia Ostrowetsky).
La déqualification croissante des transports urbains: dans les
faits, il semble que les transports jouent de plus en plus mal ce rôle
d'articulation de l'individuel et du collectif, "d'acculturation et
d'apprentissage social". Des intervenants relèvent: la perte de
sociabilité qui accompagne les déplacements ; le fait que les
transports deviennent un "facteur de ségrégation supplémentaire"
en raison de leur déqualification croissante ; la rupture du lien entre
les transports collectifs et les jeunes...
Sylvia Ostrowetsky relève une des évolutions de la mobilité
actuelle, qui ne consiste pas seulement en un allongement des temps de
transport domicile-travail mais en l'isolement et l'absence de
sociabilité qui l'accompagnent.
Repenser la ville en termes d'espace-temps
Des "symptômes" d'une mutation du
rapport à l'espace et au temps
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UN HÉRITAGE ENCOMBRANT
Des politiques antérieures qui ont fait la part belle à
l'automobile
Un mode "imposé"pour certaines catégories de population
Si la voiture est le mode de transport privilégié en périurbain,
au point qu'on voit se développer les phénomènes de bi-motorisation
et de "motorisation au meilleur compte", c'est qu'elle
constitue souvent un mode imposé, une réponse aux carences des
transports en commun dans ces secteurs.
"La voiture apparaît le mode de transport privilégié chez les
adultes, quelle que soit la nature des activités réalisées. Même
pour les enfants, la voiture est utilisée pour les trois-quarts de
leurs activités libres et pour 40% de leurs trajets scolaires, tous
âges confondus. Cette quasi-exclusivité de la voiture interroge sur la
réalité des alternatives offertes par les autres modes de transport.
De fait, l'usage (de la voiture) n'est pas toujours librement choisi,
mais résulte assez souvent de contraintes propres aux individus ; 60 %
des actifs (dans la périphérie de Lyon) sont pour des raisons
professionnelles et familiales dans l'impossibilité de prendre un autre
mode de transport que la voiture. De même chez les enfants, le manque
d'autonomie lié à l'âge ou à la volonté des parents est une entrave
à l'usage des transports collectifs" (Odile Andan).
LES EXCLUS DES TRANSPORTS
La régulation de la circulation par la congestion, l'inadaptation
des transports collectifs aux caractéristiques de la mobilité de
diverses catégories sociales, la faible accessibilité (géographique,
économique) des transports collectifs en périurbain..., conduisent
in fine à accroître les ségrégations dans les modes de se déplacer.
Un intervenant souligne la nécessité d'analyser, dès lors, les retombées
sociales à terme de cette ségrégation, dans les zones périphériques:
vieillissement des populations captives, enfants livrés à eux-mêmes
de plus en plus tôt le matin et de plus en tard le soir,
marginalisation de certaines catégories de population...
"Certains transports sont totalement déqualifiés, désocialisés
et ils deviennent, pour ces raisons, parce qu'ils sont abandonnés par
les gens qui en ont les moyens, des lieux de la ségrégation. Il n'y a
pas seulement la ségrégation résidentielle, il y a la ségrégation
dans les moyens de se mobiliser, de bouger. Or, ce qui a caractérisé
la ville, c'est sa capacité de mobilisation. Quel type d'accessibilité
sommes-nous en train de produire si les transports collectifs qui sont
les seules possibilités d'un accès fonctionnel au centre deviennent
des lieux de ségrégation totalement insécurisés ? Lorsqu'on supprime
la première classe dans le métro, cela signifie simplement que le
transport collectif est devenu un moyen de communication de masse au
sens fort du terme. Là se situe un des problèmes essentiels dont on ne
mesure pas l'ampleur: l'État s'occupe du collectif et le privé joue
sur l'individuel. Il n'y a pas de pensée socialisatrice de
l'interaction entre les deux" (Sylvia Ostrowetsky).
"Les déplacements des adultes, comme ceux des enfants,
apparaissent de plus en plus hors du champ du système actuel de
transport, tant sur le plan spatial que sur le plan temporel"
(Odile Andan).
"ON NE PEUT AGIR QU'À LA MARGE"
Les participants s'accordent pour reconnaître la faiblesse de la
capacité d'action des gestionnaires des transports en milieu urbain,
condamnés à des "améliorations marginales de l'existant".
Les objectifs poursuivis.Par delà l'objectif commun à l'ensemble des
présents, relatif à la maîtrise de la croissance des déplacements,
il se dégage, sur la base des exposés, des problématiques et des
finalités spécifiques qui s'inscrivent dans trois logiques distinctes.
- Une logique "transport" pour laquelle l'objectif
poursuivi peut être résumé ainsi: améliorer la fluidité du
trafic. M.Bourgoin précise, par exemple, que "toutes les études
que nous avons pu faire montrent que pour retrouver la fluidité
dans le centre de l'agglomération --Paris intra muros-- il
faudrait réduire seulement de 10% les déplacements en voiture
particulière (soit 2% au niveau de l'agglomération)".
- Une logique "urbaine", dont le maître-mot est:
rendre la ville aux habitants.Cette problématique semble davantage
développée, à ce jour, en Allemagne et en Suisse qu'en France.
Patricia Gout rappelle que les politiques de restriction de la
circulation dans les villes allemandes s'inscrivent clairement dans
un projet de rendre les centres-villes aux habitants. Elle mentionne
ce même souci en Suisse, tel qu'il est formulé par la municipalité
de Zurich: "La liberté de choix du moyen de transport trouve
ses limites là où les fondements de la vie urbaine sont gravement
mis en danger, à court et à long terme. Nous devons restreindre la
mobilité automobile".
- Une logique "sociale", dont la préoccupation
majeure est la suivante: faire du transport un instrument de lutte
contre l'exclusion. Maurice Chevallier pose la question de savoir
"dans quelle mesure les transports en général, et les
transports collectifs en particulier, peuvent contribuer à la lutte
contre la ségrégation urbaine, dans sa double dimension spatiale
et sociale". Sur la base d'études réalisées à Lyon, il
observe que, si "dans les politiques de développement social
urbain, les transports devraient constituer un moyen de
restructuration de la ville et de lutte contre les inégalités",
cet objectif est loin d'être atteint aujourd'hui.
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VERS UNE POLITIQUE "VILLES ET TRANSPORTS"
Globalement, il apparaît à l'analyse des exposés que plus
l'objectif que l'on se fixe est la régulation des flux, plus les
"solutions" envisagées sont de nature technique (au sens
large). Inversement, plus l'objectif visé est la reconquête de la
ville par ses habitants, plus les "solutions" invoquées sont
de nature politique et multi-acteurs.
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à propos de la "valeur"
Ce thème a été abordé de deux manières particulières.
- à travers la question de la "valeur" des déplacements:
"un déplacement est-il égal à un autre", "tous les
déplacements ont-ils la même valeur ?", "à partir du
moment où la capacité d'accès devient un bien rare, comment hiérarchiser
les déplacements ?" Cette question s'inscrit dans une double
logique:
--à dominante économique d'une part, comme dans le cas des réflexions
conduites par les Hollandais sur la rentabilité socio-économique
des divers types de déplacements, "L'approche du péage en
Hollande permet de comprendre la distinction entre déplacement
utile et inutile. L'idée du péage dans ce pays est de dégager au
maximum la route de telle sorte que les flux de marchandises passent
le mieux possible. C'est très novateur, ou très provocateur
d'affirmer que certains types de déplacements engendrent plus de
richesse que d'autres types de déplacements, qu'il est plus utile
de transporter trente tonnes de composants électroniques que de
conduire ses enfants à l'école" ;
--à dominante "philosophique", par référence à la
"rentabilité sociale" supérieure de certaines offres de
transport par rapport à d'autres. "J'illustrerai la première
question générale, d'ordre philosophique, sur les transports, en
prenant deux cas de figure. Le cas de cette mère de famille maghrébine
contente de pouvoir faire ses achats dans une boucherie casher de
Lyon de temps en temps, et le cas d'une femme des Brotteaux
(quartier emblématique de la bourgeoisie lyonnaise), disposant de
deux voitures dans son garage, mais heureuse d'avoir le métro à côté
de chez elle pour aller en ville faire ses achats, sans avoir de
problèmes de stationnement. D'un point de vue strictement technique
et économique, ces deux déplacements sont tout à fait équivalents.
Mais, dans un cas, le déplacement est une forme d'aubaine pour
quelqu'un qui n'est pas captif et qui dispose d'autres alternatives;
dans l'autre, il représente quelque chose d'irremplaçable pour
quelqu'un qui n'a pas vraiment la possibilité d'avoir recours à un
autre mode de transport. En d'autres termes, si pour l'économiste
et l'ingénieur, un déplacement égale un autre déplacement à
certaines conditions de recettes et d'utilisation des
infrastructures, un déplacement n'est pas toujours égal à un
autre du point de vue de son effet pour un individu ou un groupe
concerné sur un territoire donné" (Maurice Chevallier).
- à travers la question du rôle des transports dans la genèse de
la valeur: une première série d'exposés a été consacrée aux
effets de valorisation liés à la présence d'infrastructure de
transport. Agnès Deboulet met en lumière l'existence de
plus-values foncières affectant des terrains à proximité de
lignes de chemin de fer ou de RER en région parisienne; Jean-Marc
Offner conteste la notion "d'effet-transport", peu
pertinente conceptuellement, si elle est politiquement opératoire.
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Efficacité économique et équité sociale ?
La nécessité d'un meilleur équilibre entre habitat et emploi
La recherche d'un meilleur équilibre entre zones d'emplois et zones
d'habitat, afin d'éviter des déplacements importants de population,
n'est pas nouvelle. Elle participe de la logique qui a présidé à la
mise en place des villes nouvelles anglaises et françaises. Elle
s'ancre dans le constat que "plus on périphérise le développement
de l'emploi, plus on développe l'utilisation de l'automobile et du
transport individuel". En contrepoint de cette approche, et aussi
vieille qu'elle, on trouve la position des partisans de la dédensification
au nom à la fois de la flexibilité économique et de la décongestion
urbaine.
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Agir sur les conduites sociales
Devant la nécessité de contenir la croissance des déplacements et
en l'absence de solutions facilement accessibles, pour des raisons économiques,
écologiques ou pratiques, certains en viennent à mettre l'accent sur
les conduites sociales. Il s'agit d'amener les individus à maîtriser
leurs besoins de mobilité et à mettre en oeuvre des modalités de déplacement
plus respectueuses de l'environnement urbain.
Diversess proposition relèvent de cette démarche: le car-pool qui
se développe aux États-Unis ;le développement du travail à la maison
ou l'étalement des horaires de travail ; la substitution information/déplacement,
lorsqu'elle est possible (audioconférences...) ;l'éducation de la
population pour qu'elle recoure davantage aux transports en commun ou à
d'autres modes de transports plus écologiques: marche à pied,
bicyclettes.
Cynthia Ghorra-Gobin évoque les mesures en faveur du car-pool à
Los Angeles: "il s'agit de regrouper les gens qui se rendent d'un
quartier à un autre afin de permettre une meilleure occupation des véhicules.
Un organisme "Computer Commuter" qui fonctionne depuis dix
ans, se charge de regrouper les gens se rendant d'un quartier à un
autre. (...)
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Patricia Gout, évoquant les mesures adoptées par le Land de Rhénanie-Westphalie,
montre que "la politique mise en oeuvre articule trois axes:
--le premier, à long terme, vise à la réduction des besoins de déplacement.
Il s'agit de favoriser la ville "à courte distance", la ville
"à portée de main" en diminuant la mobilité contrainte ;
--le deuxième, à moyen terme, porte sur le transfert modalpuisqu'il
s'agit de développer les modes de déplacements plus compatibles avec
l'environnement urbain, en réhabilitant la marche à pied, la
bicyclette, les transports publics et en restreignant de manière différenciée
l'usage de l'automobile en ville ;
--le troisième concerne le court terme et porte sur la compatibilité
de la circulation avec le milieu urbain. Il s'agit d'induire une
meilleure adaptation du comportement des automobilistes à
l'environnement en vue d'un meilleur partage de l'espace public".
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La nécessité d'un débat de fond sur la mobilité
Quelques intervenants se disent convaincus de la nécessité
aujourd'hui "d'instruire un débat de fond sur la mobilité".
Il s'agit de s'interroger sur ses finalités, afin de chercher à
responsabiliser les individus par rapport à la mobilité.
Un participant déplore que la mobilité fasse l'objet d'une
valorisation a priori, dont le bien-fondé n'est jamais questionné.
Avec la montée des préoccupations environnementales, il devient urgent
de se poser la question de limiter la croissance de la mobilité:
"Il est une question sous-jacente qui transparaît constamment: la
mobilité pourquoi ? Je me demande si dans notre tête nous n'aurions
pas intériorisé l'idée que la mobilité et l'accessibilité possèdent
un effet positif sur la production économique. Je ne compte plus le
nombre de fois où j'ai entendu dire que le développement de la mobilité
est une bonne chose parce qu'il crée de la richesse. Or, nous n'avons
pas de données précises qui nous permettent d'attester que plus on se
déplace, plus on est riche. S'il est des cas où l'on peut
effectivement estimer que la mobilité crée de la richesse, il existe
des cas où elle est contre-productive".
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