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La banque de données DIGMA résulte d’un véritable travail d’équipe caractérisé par une grande complémentarité des compétences et des expériences et une volonté sans faille d’aboutir à un résultat de qualité. Elle résulte également d’un partenariat fort et solide, tant sur le plan national que sur le plan transnational. Ce partenariat a guidé l’ensemble des travaux depuis la conceptualisation du projet jusqu’à son objectif final: présenter un répertoire d’instruments de mainstreaming du genre sous la forme d’une banque de données accessible sur Internet. Mais c’est aussi l’aboutissement d’un processus d’implication d’expert-e-s et de promoteurs d’instruments qui ont – malgré certaines réticences dont il sera fait état plus loin - bien voulu s’accrocher à une aventure dont ils ne connaissaient pas la destination finale dans tous ses détails. Nous tenons donc, avant toute autre chose, à remercier vivement d’une part l’ensemble de nos partenaires pour l’enthousiasme dont ils et elles ont fait preuve tout au long du projet et de l’autre, les personnes et organisations qui ont accepté de nous consacrer un peu de leur temps et de leur énergie pour fournir la matière première du projet. Sans cette combinaison de compétences, DIGMA n’existerait pas aujourd’hui. Construire une banque de données, un processus en plusieurs étapes Diffusion de l’information sur les objectifs du projet, notamment via: - les nombreux réseaux de contacts et partenaires d’anciens projets d’Amazone, en Belgique et dans l’ensemble des Etats membres européens; - l’ensemble des partenaires du projet au niveau national qui se sont eux-mêmes chargés de contacter leurs propres réseaux et partenaires (d’autres projets), nationaux et transnationaux et ainsi de suite, générant ainsi un effet ‘boule de neige’; - les partenaires transnationaux du projet, qui eux aussi, ont répercuté l’information auprès de leurs propres réseaux de contacts et partenaires (d’autres projets), nationaux et transnationaux, générant le même effet ‘boule de neige’ que les premiers; - la publication d’articles d’information dans les magazines des différents partenaires nationaux et transnationaux. Grâce à cette phase importante du projet, un listing de toutes les personnes et organisations (aux niveaux national et international) susceptibles de nous fournir des informations relatives à l’existence d’instruments de mise en œuvre de mainstreaming du genre, allait être composé et servirait ensuite à l’envoi de ‘questionnaires exploratifs’ pour recueillir les données à traiter (voir phase 3). Réflexion sur les principaux concepts au cœur du projet Avant de se lancer dans la construction d’outils pour la récolte des informations, il importait que l’ensemble des partenaires qui allaient jouer un rôle dans cette phase capitale du projet se mettent d’accord sur la définition exacte des principaux concepts au cœur de DIGMA, et notamment sur les termes ‘gender’, ‘mainstreaming’ et ‘instrument’. Les résultats de cette réflexion, qui se poursuivit tout au long du projet, sont présentés dans la toile de fond de la banque de données en guise de textes d’introduction, sur le site web d’Amazone (voir la page d’accueil de DIGMA à l’adresse http://www.amazone.be, chapitre intitulé ‘Le mainstreaming du genre, une plus-value !’). Récolte d’information relatives aux instruments de mise en œuvre du mainstreaming du genre, qu’ils aient été mis sur pied par des associations ou organismes privés, subventionnés ou non, des autorités politiques, des institutions publiques ou des organisations non gouvernementales, des fédérations patronales ou des organisations syndicales ou encore des centres de recherche universitaires, à tous les niveaux de pouvoir et dans l’ensemble des territoires constituant l’Union européenne, notamment via: 1ère phase de recherche: la construction d’un questionnaire exploratif – trilingue: francophone pour la France et la Belgique, néerlandophone pour les Pays-Bas et la Belgique et anglophone pour le reste de l’Union européenne, destiné à repérer et identifier un maximum de promoteurs et d’instruments potentiels pour la banque de données (envoyé à toutes les personnes et organisations dont les coordonnées avaient été identifiées lors de la première phase du projet); 2ème phase de recherche: la construction d’un questionnaire descriptif – également trilingue, destiné à apporter un maximum d’informations sur chaque instrument identifié grâce aux questionnaires exploratifs, construit autour de trois axes: 1. le promoteur de l’instrument et ses partenaires potentiels, 2. l’instrument lui-même et 3. les matériels publiés sur l’instrument (envoyé à tous les promoteurs d’instruments); des réunions ponctuelles avec les principaux services publics chargés de l’égalité des chances aux différents niveaux de pouvoir (Belgique, France, Pays-Bas et institutions européennes); des appels téléphoniques pour relancer les promoteurs d’instruments et les aider à compléter le questionnaire descriptif (tous les Etats membres de l’Union européenne). Pour cette phase de récolte d’informations, le partenaire néerlandais (E-Quality) se chargea des Pays-Bas, le partenaire français de la France et Amazone de la Belgique, de tous les autres Etats membres de l’Union européenne et des institutions européennes. Inventaire des informations rassemblées, notamment via la réalisation de listes d’instruments classés par pays et par domaines d’action. Cet inventaire allait permettre assez tôt à l’équipe de DIGMA d’identifier les pays les moins couverts ainsi que, surtout, les domaines d’action pour lesquels peu (ou pas) d’instruments étaient répertoriés. Dès cet instant, les efforts allaient se concentrer vers ces zones plus ‘fragiles’. Cette étape permit également de se rendre compte assez rapidement qu’un des objectifs de départ allait être difficile à rencontrer: le 3ème axe autour duquel il était prévu de construire la banque de données, à savoir l’identification des besoins. Nous fûmes en effet confronté-es à l’évident constat que DIGMA ne pourrait raisonnablement pas atteindre l’exhaustivité, ni sur le plan géographique (les contacts avec certains pays ayant été plus difficiles qu’avec d’autres – on notera, à ce propos, un très net déséquilibre entre les pays qui étaient les promoteurs du présent projet et ceux où aucun partenaire n’était actif pour la récolte d’informations sur le terrain), ni sur le plan thématique (les différents partenaires ayant participé à la phase de récolte d’informations étant à la base spécialisés dans des domaines d’action déterminés). A défaut d’un inventaire complet des besoins encore existants en matière d’instruments de mise en œuvre du mainstreaming du genre, DIGMA fournit toutefois quelques pistes de réflexion pour l’adaptation ou la construction de nouveaux outils. En croisant les trois critères de recherche principaux ‘type d’instrument’, ‘domaine d’action’ et ‘phase de mainstreaming’ (voir plus loin pour plus d’explications à propos de ces critères), l’utilisateur de DIGMA peut en effet se faire une idée des types d’instrument les plus (ou les moins) disponibles pour un domaine d’action précis et une étape du processus de mainstreaming déterminée. A terme, les informations résultant de cette combinaison devraient permettre aux éventuels penseurs de l’égalité de favoriser la construction de nouveaux instruments là où des besoins restent peu, voire non couverts. D’autres éléments peuvent permettre d’aller un peu plus loin dans l’identification des besoins. La banque de données comporte en effet: des instruments qui n’ont pas été évalués car jamais appliqués (certains n’étant encore qu’à leur stade de développement lorsqu’ils furent repérés); des outils relativement peu récents dont il convient de vérifier l’actualité mais qui ont été sélectionnés parce qu’aucun nouvel instrument du même type n’avait pu les remplacer; des instruments qui n’ont aucune équivalence dans certains pays (et qu’il convient donc d’adapter en fonction des spécificités nationales); des instruments non européens qui n’ont aucune équivalence dans les pays de l’Union européenne (et qu’il convient d’adapter également). Construction d’une grille d’analyse, notamment via: une réflexion autour des principaux critères de sélection des informations récoltées (critères en rapport avec le public cible, les objectifs, le contexte, le cadre juridique, l’utilisation, le type de support, les possibilités d’adaptation…); le développement (avec les partenaires nationaux dans un premier temps et les partenaires transnationaux dans un second temps) d’une méthodologie centrée sur le classement et la mise à disposition de l’information qui permette de comparer et d’échanger les informations entre différents pays de l’Union européenne; l’amélioration du questionnaire descriptif; la construction de la structure de la banque de données (critères de recherche et écrans de présentation), en parallèle avec la réflexion sur les critères de sélection et la construction du questionnaire descriptif. Comme on l’a déjà dit plus haut, la réflexion sur les critères de sélection avait déjà été entamée lors de la définition des principaux concepts au cœur du projet. Cette réflexion fut affinée lors de la construction de la grille d’analyse et du classement des premiers instruments en fonction de cette grille. Ainsi, partant de la définition de l’instrument, l’équipe de DIGMA fut amenée à préciser les critères de sélection des instruments collectés, notamment pour ce qui concerne: les stratégies politiques, acceptées comme instruments si elles s’intègrent dans un processus de mainstreaming plus global et à condition que la dynamique à la base de ces politiques puisse être décrite (ex. la mise sur pied d’une cellule d’expertes interuniversitaire par un-e ministre pour accompagner les gouvernements dans la mise en place de politiques neutres du point de vue du genre); les sources d’information, acceptées comme instruments de mainstreaming à condition qu’elles dépassent le stade de la simple collecte d’informations et qu’elles proposent une véritable méthodologie d’intégration du genre dans des politiques et/ou actions (les répertoires d’adresses et les statistiques - qui n’offrent souvent qu’une image instantanée d’une situation – n’ont donc pas été retenus dans la sélection); les formations au genre, considérées comme des instruments de mise en œuvre du mainstreaming à condition 1° qu’elles fassent l’objet d’une organisation systématique et obligatoire pour certaines fonctions (ex. fonctionnaires lors de leur entrée en service, responsables d’entreprises lors de leur adhésion à un réseau d’entreprises spécialisé sur le thème de l’égalité, etc), 2° qu’elles proposent une méthodologie et une structure claires et donc transposables à d’autres secteurs, pays et/ou publics cibles et/ou 3° qu’elles soient accompagnées de matériels de référence publiés (documents, CD-Rom, etc) à l’usage des formateurs-trices et/ou des participant-e-s (sorte de complément au processus de formation dynamique). Sélection des instruments basée sur les critères ci-dessus mentionnés La sélection des instruments rassemblés se fit en plusieurs étapes: dans un premier temps, chacun des trois pays partenaires fut chargé de réaliser, sur la base des critères de sélection préalablement déterminés, une première sélection de ses instruments; lors de la dernière rencontre transnationale, une seconde sélection fut faite pour les quelques instruments pour lesquels un doute subsistait. En juin 2001, la sélection permit d’arriver à un total de 106 instruments, dont: 6 pour le domaine d’action ‘Affaires extérieures’, 4 pour ‘Affaires intérieures’, 12 pour ‘Affaires sociales’, 10 pour ‘Coopération au développement’, 9 pour ‘Economie’, 16 pour ‘Enseignement/Culture/Science’, 4 pour ‘Environnement’, 3 pour ‘Justice’, 7 pour ‘Media’, 19 pour ‘Prise de décision’, 6 pour ‘Santé’, 5 pour ‘Sport/Loisirs’, 28 pour ‘Travail/Emploi’ (avec en outre 23 instruments pour la sous-catégorie ‘Gestion du personnel’), certains instruments étant classés dans plusieurs catégories de domaines d’action. A ces instruments, on peut ajouter 42 instruments valables pour l’ensemble des domaines d’action sus-mentionnés et classés sous la catégorie ‘Pas de domaine spécifique’ et 23 instruments qui n’entrent dans aucune des catégories répertoriées, classés dans ‘Autre’. 63 instruments analytiques, 47 instruments éducatifs et 13 instruments consultatifs et participatifs, quelques instruments étant classés dans plusieurs catégories de types d’instruments; 43 instruments pour la 1ère phase du processus de mainstreaming ‘accompagner le processus de mainstreaming’, 78 pour la seconde phase ‘sensibiliser les décideurs concernés et augmenter l’expertise genre’, 69 pour la 3ème phase ‘préparer une politique sur le plan conceptuel’, 45 pour la 4ème phase ‘mettre en œuvre la politique et contrôler son impact sur le genre’ et 38 pour la dernière phase ‘suivre et évaluer le processus dans sa globalité’, certains instruments étant classés dans plusieurs catégories de phases du processus de mainstreaming. 3 instruments pour l’Allemagne, 4 pour l’Autriche, 27 pour la Belgique, 1 pour le Danemark, 4 pour l’Espagne, 3 pour la Finlande, 9 pour la France, 5 pour la Grande-Bretagne, 2 pour l’Irlande, 2 pour l’Italie, 31 pour les Pays-Bas, 1 pour le Portugal et 6 pour la Suède (+1 pour les institutions européennes). (Les seuls Etats membres de l’Union européenne pour lesquels aucun instrument n’a été identifié sont la Grèce et le Luxembourg, ce qui ne veut bien entendu pas dire que ces pays n’ont rien développé.) ET 3 pour le Canada et 4 pour la Norvège. Bien que ne devant couvrir au départ que les Etats membres de l’Union européenne, DIGMA s’élargit très rapidement à l’extérieur de cette limite géographique. En effet, le processus de mainstreaming ayant parfois progressé plus rapidement à l’extérieur qu’à l’intérieur des frontières de l’Union européenne, les outils qui y sont développés sont parfois plus accomplis et mieux construits. Face à cette réalité, il semblait difficile de les occulter totalement dans DIGMA. Pour favoriser les échanges d’expérience et permettre aux décideurs européens de bénéficier des outils les plus performants, l’équipe de DIGMA choisit d’élargir son territoire de recherche en incorporant les outils non européens qui touchaient à des domaines d’action peu ou pas couverts par les instruments européens. En dehors des outils rassemblés pour l’Union européenne, les utilisateurs de DIGMA ont l’occasion de découvrir également quelques instruments construits par des promoteurs norvégiens et canadiens. L’ensemble des instruments furent développés par 73 promoteurs (avec le soutien de 76 partenaires), dont 19 administrations, 14 autorités politiques, 4 entreprises privées, 4 entreprises publiques, 15 ONG, associations ou organisations à caractère social, 3 syndicats, 14 centres de recherche ou universités. Construction de la banque de données proprement dite Elle aussi étalée sur plusieurs mois, mais principalement concentrée vers les deux derniers mois du projet, cette phase est certainement celle qui, sur le plan proprement technique, fut la plus lourde et, les mystères de l’informatique nous réservant toujours des surprises de taille, la plus délicate. L’ensemble de la réflexion entamée lors de la construction de la grille d’analyse et du développement de critères de sélection et finalisée ensuite lors de l’encodage des informations permit de construire la structure de la banque de données et d’envisager ainsi les accès de recherche qui permettraient aux utilisateurs futurs de DIGMA d’accéder à l’information. Les accès de recherche en question sont: promoteur ou partenaire: on peut interroger la banque de données via le nom d’un promoteur/partenaire, le pays dans lequel il est situé et/ou le type d’organisation dont il s’agit – chaque promoteur et chaque partenaire font l’objet d’une fiche de présentation; instrument (stratégie utilisée pour traduire dans la pratique le mainstreaming du genre): on peut questionner la banque de données via le titre de l’instrument, la phase du processus de mainstreaming dans laquelle il peut s’appliquer, le domaine d’action auquel il se rapporte, le type d’instrument et la langue des documents disponibles pour cet instrument – chaque instrument fait l’objet d’une fiche de description qui présente notamment en fin de fiche le ou les matériel(s) dont il dispose (l’ensemble des publications – papiers, audiovisuelles, électroniques, etc – élaborées dans le cadre d’un instrument déterminé; les références des matériels sont présentées selon les règles ISBD); recherche libre: le résultat de la recherche se compose de promoteurs, de partenaires et/ou d’instruments dans lesquels l’élément de recherche (un ou plusieurs mots clés) figure. On peut utiliser ‘et’, ‘ou’ et ‘pas’ pour une opération de recherche plus précise. En consultant la banque de données, le navigateur peut donc obtenir trois types d’informations: - des informations sur le ‘promoteur’ qui a développé l’instrument et ses ‘partenaires’ éventuels; - des informations sur l’ ‘instrument’ proprement dit; - des informations sur les ‘matériels’ liés à cet instrument. La structure de la banque de données est conçue de manière telle que les fiches ‘instruments’ constituent la colonne verticale de DIGMA. Ces fiches sont reliées vers le haut à leur ‘promoteur’ principal et à ses éventuels ‘partenaires’ et vers le bas aux ‘matériels’ publiés dans le cadre de la réalisation de cet instrument. L’interface de la banque de données fut construit (et est donc présenté) en trois langues: le français et le néerlandais, qui sont les langues des partenaires transnationaux, et l’anglais pour apporter une dimension internationale à l’outil. Comme on l’a vu, tous les instruments sont présentés en anglais, certains seulement en français et/ou néerlandais. Une fois la structure de la banque de données développée, il fallut passer à la laborieuse et fastidieuse phase d’encodage des informations. Pour permettre à chacun des partenaires transnationaux d’être impliqué dans cette lourde étape et ainsi accélérer le travail (et surtout permettre que les fiches de description soient rédigées et encodées par les personnes qui avaient réalisé les recherches sur le terrain), l’organisme à qui l’on sous-traitait les aspects techniques du projet (DB-Scape) construisit un ‘template’, rendu accessible via le site web de DB-Scape. Cette formule allait permettre à toute personne impliquée dans la mise en œuvre du projet de construire directement sur Internet les fiches descriptives des différents instruments (et de leurs promoteur, partenaires et matériels) dont il/elle avait la charge. Via un système de validation finale, Amazone pouvait contrôler le contenu de chacune des fiches afin d’assurer une cohérence dans la présentation des résultats. Après l’importation de la première vague de fiches descriptives, on procéda à un test, ce qui nous permit d’encore apporter quelques corrections techniques pour améliorer la présentation des résultats et les modes de recherche dans la banque de données. Enfin, lorsque l’ensemble des fiches furent introduites, il fallut les faire traduire vers l’anglais et vers le néerlandais et/ou le français, puis relire les traductions avant d’encoder à nouveau ces nouvelles fiches dans la banque de données. Mise à disposition de la banque de données sur Internet, via le site web d’Amazone et construction des textes de référence Pour donner aux utilisateurs et utilisatrices de DIGMA un cadre de référence en matière de mainstreaming du genre et une introduction relative aux objectifs et contexte du projet, des textes furent rédigés et présentés sur la page d’accueil de DIGMA.
http://www.amazone.be/ |