DIGMA
Database of Instruments for Gender Mainstreaming


1 - Une introduction à la banque de données  
2 - Contexte et méthodologie  
3 - Présentation des informations  
4 - Processus de construction de la base de données  

4
 Le processus de construction 
de la banque de données


La banque de données DIGMA résulte d’un véritable travail d’équipe caractérisé par une grande complémentarité des compétences et des expériences et une volonté sans faille d’aboutir à un résultat de qualité. Elle résulte également d’un partenariat fort et solide, tant sur le plan national que sur le plan transnational. Ce partenariat a guidé l’ensemble des travaux depuis la conceptualisation du projet jusqu’à son objectif final: présenter un répertoire d’instruments de mainstreaming du genre sous la forme d’une banque de données accessible sur Internet.

Mais c’est aussi l’aboutissement d’un processus d’implication d’expert-e-s et de promoteurs d’instruments qui ont – malgré certaines réticences dont il sera fait état plus loin - bien voulu s’accrocher à une aventure dont ils ne connaissaient pas la destination finale dans tous ses détails.

Nous tenons donc, avant toute autre chose, à remercier vivement d’une part l’ensemble de nos partenaires pour l’enthousiasme dont ils et elles ont fait preuve tout au long du projet et de l’autre, les personnes et organisations qui ont accepté de nous consacrer un peu de leur temps et de leur énergie pour fournir la matière première du projet.
Sans cette combinaison de compétences, DIGMA n’existerait pas aujourd’hui.

Construire une banque de données, un processus en plusieurs étapes
Diffusion de l’information sur les objectifs du projet, notamment via:

- les nombreux réseaux de contacts et partenaires d’anciens projets d’Amazone, en Belgique et dans l’ensemble des Etats membres européens;

- l’ensemble des partenaires du projet au niveau national qui se sont eux-mêmes chargés de contacter leurs propres réseaux et partenaires (d’autres projets), nationaux et transnationaux et ainsi de suite, générant ainsi un effet ‘boule de neige’;

-
les partenaires transnationaux du projet, qui eux aussi, ont répercuté l’information auprès de leurs propres réseaux de contacts et partenaires (d’autres projets), nationaux et transnationaux, générant le même effet ‘boule de neige’ que les premiers;

-
la publication d’articles d’information dans les magazines des différents partenaires nationaux et transnationaux.

Grâce à cette phase importante du projet, un listing de toutes les personnes et organisations (aux niveaux national et international) susceptibles de nous fournir des informations relatives à l’existence d’instruments de mise en œuvre de mainstreaming du genre, allait être composé et servirait ensuite à l’envoi de ‘questionnaires exploratifs’ pour recueillir les données à traiter (voir phase 3).

Réflexion sur les principaux concepts au cœur du projet
Avant de se lancer dans la construction d’outils pour la récolte des informations, il importait que l’ensemble des partenaires qui allaient jouer un rôle dans cette phase capitale du projet se mettent d’accord sur la définition exacte des principaux concepts au cœur de DIGMA, et notamment sur les termes ‘gender’, ‘mainstreaming’ et ‘instrument’.
Les résultats de cette réflexion, qui se poursuivit tout au long du projet, sont présentés dans la toile de fond de la banque de données en guise de textes d’introduction, sur le site web d’Amazone (voir la page d’accueil de DIGMA à l’adresse http://www.amazone.be, chapitre intitulé ‘Le mainstreaming du genre, une plus-value !’).

Récolte d’information relatives aux instruments de mise en œuvre du mainstreaming du genre, qu’ils aient été mis sur pied par des associations ou organismes privés, subventionnés ou non, des autorités politiques, des institutions publiques ou des organisations non gouvernementales, des fédérations patronales ou des organisations syndicales ou encore des centres de recherche universitaires, à tous les niveaux de pouvoir et dans l’ensemble des territoires constituant l’Union européenne, notamment via:

1ère phase de recherche: la construction d’un questionnaire exploratif – trilingue: francophone pour la France et la Belgique, néerlandophone pour les Pays-Bas et la Belgique et anglophone pour le reste de l’Union européenne, destiné à repérer et identifier un maximum de promoteurs et d’instruments potentiels pour la banque de données (envoyé à toutes les personnes et organisations dont les coordonnées avaient été identifiées lors de la première phase du projet);

2ème phase de recherche: la construction d’un questionnaire descriptif – également trilingue, destiné à apporter un maximum d’informations sur chaque instrument identifié grâce aux questionnaires exploratifs, construit autour de trois axes: 1. le promoteur de l’instrument et ses partenaires potentiels, 2. l’instrument lui-même et 3. les matériels publiés sur l’instrument (envoyé à tous les promoteurs d’instruments);
des réunions ponctuelles avec les principaux services publics chargés de l’égalité des chances aux différents niveaux de pouvoir (Belgique, France, Pays-Bas et institutions européennes);
des appels téléphoniques pour relancer les promoteurs d’instruments et les aider à compléter le questionnaire descriptif (tous les Etats membres de l’Union européenne).
Pour cette phase de récolte d’informations, le partenaire néerlandais (E-Quality) se chargea des Pays-Bas, le partenaire français de la France et Amazone de la Belgique, de tous les autres Etats membres de l’Union européenne et des institutions européennes.

Inventaire des informations rassemblées, notamment via la réalisation de listes d’instruments classés par pays et par domaines d’action.
Cet inventaire allait permettre assez tôt à l’équipe de DIGMA d’identifier les pays les moins couverts ainsi que, surtout, les domaines d’action pour lesquels peu (ou pas) d’instruments étaient répertoriés. Dès cet instant, les efforts allaient se concentrer vers ces zones plus ‘fragiles’.

Cette étape permit également de se rendre compte assez rapidement qu’un des objectifs de départ allait être difficile à rencontrer: le 3ème axe autour duquel il était prévu de construire la banque de données, à savoir l’identification des besoins.
Nous fûmes en effet confronté-es à l’évident constat que DIGMA ne pourrait raisonnablement pas atteindre l’exhaustivité, ni sur le plan géographique (les contacts avec certains pays ayant été plus difficiles qu’avec d’autres – on notera, à ce propos, un très net déséquilibre entre les pays qui étaient les promoteurs du présent projet et ceux où aucun partenaire n’était actif pour la récolte d’informations sur le terrain), ni sur le plan thématique (les différents partenaires ayant participé à la phase de récolte d’informations étant à la base spécialisés dans des domaines d’action déterminés).
A défaut d’un inventaire complet des besoins encore existants en matière d’instruments de mise en œuvre du mainstreaming du genre, DIGMA fournit toutefois quelques pistes de réflexion pour l’adaptation ou la construction de nouveaux outils. 

En croisant les trois critères de recherche principaux ‘type d’instrument’, ‘domaine d’action’ et ‘phase de mainstreaming’ (voir plus loin pour plus d’explications à propos de ces critères), l’utilisateur de DIGMA peut en effet se faire une idée des types d’instrument les plus (ou les moins) disponibles pour un domaine d’action précis et une étape du processus de mainstreaming déterminée. A terme, les informations résultant de cette combinaison devraient permettre aux éventuels penseurs de l’égalité de favoriser la construction de nouveaux instruments là où des besoins restent peu, voire non couverts.

D’autres éléments peuvent permettre d’aller un peu plus loin dans l’identification des besoins. La banque de données comporte en effet:
des instruments qui n’ont pas été évalués car jamais appliqués (certains n’étant encore qu’à leur stade de développement lorsqu’ils furent repérés);
des outils relativement peu récents dont il convient de vérifier l’actualité mais qui ont été sélectionnés parce qu’aucun nouvel instrument du même type n’avait pu les remplacer;
des instruments qui n’ont aucune équivalence dans certains pays (et qu’il convient donc d’adapter en fonction des spécificités nationales);
des instruments non européens qui n’ont aucune équivalence dans les pays de l’Union européenne (et qu’il convient d’adapter également).

Construction d’une grille d’analyse, notamment via:
une réflexion autour des principaux critères de sélection des informations récoltées (critères en rapport avec le public cible, les objectifs, le contexte, le cadre juridique, l’utilisation, le type de support, les possibilités d’adaptation…);
le développement (avec les partenaires nationaux dans un premier temps et les partenaires transnationaux dans un second temps) d’une méthodologie centrée sur le classement et la mise à disposition de l’information qui permette de comparer et d’échanger les informations entre différents pays de l’Union européenne;
l’amélioration du questionnaire descriptif;
la construction de la structure de la banque de données (critères de recherche et écrans de présentation), en parallèle avec la réflexion sur les critères de sélection et la construction du questionnaire descriptif.

Comme on l’a déjà dit plus haut, la réflexion sur les critères de sélection avait déjà été entamée lors de la définition des principaux concepts au cœur du projet. Cette réflexion fut affinée lors de la construction de la grille d’analyse et du classement des premiers instruments en fonction de cette grille.
Ainsi, partant de la définition de l’instrument, l’équipe de DIGMA fut amenée à préciser les critères de sélection des instruments collectés, notamment pour ce qui concerne:

les stratégies politiques, acceptées comme instruments si elles s’intègrent dans un processus de mainstreaming plus global et à condition que la dynamique à la base de ces politiques puisse être décrite (ex. la mise sur pied d’une cellule d’expertes interuniversitaire par un-e ministre pour accompagner les gouvernements dans la mise en place de politiques neutres du point de vue du genre);

les sources d’information, acceptées comme instruments de mainstreaming à condition qu’elles  dépassent le stade de la simple collecte d’informations et qu’elles proposent une véritable méthodologie d’intégration du genre dans des politiques et/ou actions (les répertoires d’adresses et les statistiques - qui n’offrent souvent qu’une image instantanée d’une situation – n’ont donc pas été retenus dans la sélection);

les formations au genre, considérées comme des instruments de mise en œuvre du mainstreaming à condition 1° qu’elles fassent l’objet d’une organisation systématique et obligatoire pour certaines fonctions (ex. fonctionnaires lors de leur entrée en service, responsables d’entreprises lors de leur adhésion à un réseau d’entreprises spécialisé sur le thème de l’égalité, etc), 2° qu’elles proposent une méthodologie et une structure claires et donc transposables à d’autres secteurs, pays et/ou publics cibles et/ou 3° qu’elles soient accompagnées de matériels de référence publiés (documents, CD-Rom, etc) à l’usage des formateurs-trices et/ou des participant-e-s (sorte de complément au processus de formation dynamique).

Sélection des instruments basée sur les critères ci-dessus mentionnés

La sélection des instruments rassemblés se fit en plusieurs étapes:
dans un premier temps, chacun des trois pays partenaires fut chargé de réaliser, sur la base des critères de sélection préalablement déterminés, une première sélection de ses instruments;
lors de la dernière rencontre transnationale, une seconde sélection fut faite pour les quelques instruments pour lesquels un doute subsistait.

En juin 2001, la sélection permit d’arriver à un total de 106 instruments, dont:
6 pour le domaine d’action ‘Affaires extérieures’, 4 pour ‘Affaires intérieures’, 12 pour ‘Affaires sociales’, 10 pour ‘Coopération au développement’, 9 pour ‘Economie’, 16 pour ‘Enseignement/Culture/Science’, 4 pour ‘Environnement’, 3 pour ‘Justice’, 7 pour ‘Media’, 19 pour ‘Prise de décision’, 6 pour ‘Santé’, 5 pour ‘Sport/Loisirs’, 28 pour ‘Travail/Emploi’ (avec en outre 23 instruments pour la sous-catégorie ‘Gestion du personnel’), certains instruments étant classés dans plusieurs catégories de domaines d’action. A ces instruments, on peut ajouter 42 instruments valables pour l’ensemble des domaines d’action sus-mentionnés et classés sous la catégorie ‘Pas de domaine spécifique’ et 23 instruments qui n’entrent dans aucune des catégories répertoriées, classés dans ‘Autre’.

63 instruments analytiques, 47 instruments éducatifs et 13 instruments consultatifs et participatifs, quelques instruments étant classés dans plusieurs catégories de types d’instruments
;

43 instruments pour la 1ère phase du processus de mainstreaming ‘accompagner le processus de mainstreaming’, 78 pour la seconde phase ‘sensibiliser les décideurs concernés et augmenter l’expertise genre’, 69 pour la 3ème phase ‘préparer une politique sur le plan conceptuel’, 45 pour la 4ème phase ‘mettre en œuvre la politique et contrôler son impact sur le genre’ et 38 pour la dernière phase ‘suivre et évaluer le processus dans sa globalité’, certains instruments étant classés dans plusieurs catégories de phases du processus de mainstreaming.

3 instruments pour l’Allemagne, 4 pour l’Autriche, 27 pour la Belgique, 1 pour le Danemark, 4 pour l’Espagne, 3 pour la Finlande, 9 pour la France, 5 pour la Grande-Bretagne, 2 pour l’Irlande, 2 pour l’Italie, 31 pour les Pays-Bas, 1 pour le Portugal et 6 pour la Suède (+1 pour les institutions européennes).
(Les seuls Etats membres de l’Union européenne pour lesquels aucun instrument n’a été identifié sont la Grèce et le Luxembourg, ce qui ne veut bien entendu pas dire que ces pays n’ont rien développé.)

ET

3 pour le Canada et 4 pour la Norvège.

Bien que ne devant couvrir au départ que les Etats membres de l’Union européenne, DIGMA s’élargit très rapidement à l’extérieur de cette limite géographique. En effet, le processus de mainstreaming ayant parfois progressé plus rapidement à l’extérieur qu’à l’intérieur des frontières de l’Union européenne, les outils qui y sont développés sont parfois plus accomplis et mieux construits. Face à cette réalité, il semblait difficile de les occulter totalement dans DIGMA. Pour favoriser les échanges d’expérience et permettre aux décideurs européens de bénéficier des outils les plus performants, l’équipe de DIGMA choisit d’élargir son territoire de recherche en incorporant les outils non européens qui touchaient à des domaines d’action peu ou pas couverts par les instruments européens. En dehors des outils rassemblés pour l’Union européenne, les utilisateurs de DIGMA ont l’occasion de découvrir également quelques instruments construits par des promoteurs norvégiens et canadiens.

L’ensemble des instruments furent développés par 73 promoteurs (avec le soutien de 76 partenaires), dont 19 administrations, 14 autorités politiques, 4 entreprises privées, 4 entreprises publiques, 15 ONG, associations ou organisations à caractère social, 3 syndicats, 14 centres de recherche ou universités.
Construction de la banque de données proprement dite
Elle aussi étalée sur plusieurs mois, mais principalement concentrée vers les deux derniers mois du projet, cette phase est certainement celle qui, sur le plan proprement technique, fut la plus lourde et, les mystères de l’informatique nous réservant toujours des surprises de taille, la plus délicate.
L’ensemble de la réflexion entamée lors de la construction de la grille d’analyse et du développement de critères de sélection et finalisée ensuite lors de l’encodage des informations permit de construire la structure de la banque de données et d’envisager ainsi les accès de recherche qui permettraient aux utilisateurs futurs de DIGMA d’accéder à l’information.

Les accès de recherche en question sont:

promoteur ou partenaire: on peut interroger la banque de données via le nom d’un promoteur/partenaire, le pays dans lequel il est situé et/ou le type d’organisation dont il s’agit – chaque promoteur et chaque partenaire font l’objet d’une fiche de présentation;

instrument (stratégie utilisée pour traduire dans la pratique le mainstreaming du genre): on peut questionner la banque de données via le titre de l’instrument, la phase du processus de mainstreaming dans laquelle il peut s’appliquer, le domaine d’action auquel il se rapporte, le type d’instrument et la langue des documents disponibles pour cet instrument  – chaque instrument fait l’objet d’une fiche de description qui présente notamment en fin de fiche le ou les matériel(s) dont il dispose (l’ensemble des publications – papiers, audiovisuelles, électroniques, etc – élaborées dans le cadre d’un instrument déterminé; les références des matériels sont présentées selon les règles ISBD);

recherche libre: le résultat de la recherche se compose de promoteurs, de partenaires et/ou d’instruments dans lesquels l’élément de recherche (un ou plusieurs mots clés) figure. On peut utiliser ‘et’, ‘ou’ et ‘pas’ pour une opération de recherche plus précise.

En consultant la banque de données, le navigateur peut donc obtenir trois types d’informations:
- des informations sur le ‘promoteur’ qui a développé l’instrument et ses ‘partenaires’ éventuels;
- des informations sur l’ ‘instrument’ proprement dit;
- des informations sur les ‘matériels’ liés à cet instrument.

La structure de la banque de données est conçue de manière telle que les fiches ‘instruments’ constituent la colonne verticale de DIGMA. Ces fiches sont reliées vers le haut à leur ‘promoteur’ principal et à ses éventuels ‘partenaires’ et vers le bas aux ‘matériels’ publiés dans le cadre de la réalisation de cet instrument.

L’interface de la banque de données fut construit (et est donc présenté) en trois langues: le français et le néerlandais, qui sont les langues des partenaires transnationaux, et l’anglais pour apporter une dimension internationale à l’outil. Comme on l’a vu, tous les instruments sont présentés en anglais, certains seulement en français et/ou néerlandais.

Une fois la structure de la banque de données développée, il fallut passer à la laborieuse et fastidieuse phase d’encodage des informations. Pour permettre à chacun des partenaires transnationaux d’être impliqué dans cette lourde étape et ainsi accélérer le travail (et surtout permettre que les fiches de description soient rédigées et encodées par les personnes qui avaient réalisé les recherches sur le terrain), l’organisme à qui l’on sous-traitait les aspects techniques du projet (DB-Scape) construisit un ‘template’, rendu accessible via le site web de DB-Scape. Cette formule allait permettre à toute personne impliquée dans la mise en œuvre du projet de construire directement sur Internet les fiches descriptives des différents instruments (et de leurs promoteur, partenaires et matériels) dont il/elle avait la charge. Via un système de validation finale, Amazone pouvait contrôler le contenu de chacune des fiches afin d’assurer une cohérence dans la présentation des résultats.

Après l’importation de la première vague de fiches descriptives, on procéda à un test, ce qui nous permit d’encore apporter quelques corrections techniques pour améliorer la présentation des résultats et les modes de recherche dans la banque de données.

Enfin, lorsque l’ensemble des fiches furent introduites, il fallut les faire traduire vers l’anglais et vers le néerlandais et/ou le français, puis relire les traductions avant d’encoder à nouveau ces nouvelles fiches dans la banque de données.

Mise à disposition de la banque de données sur Internet, via le site web d’Amazone et construction des textes de référence
Pour donner aux utilisateurs et utilisatrices de DIGMA un cadre de référence en matière de mainstreaming du genre et une introduction relative aux objectifs et contexte du projet, des textes furent rédigés et présentés sur la page d’accueil de DIGMA.


Ces textes sont construits autour des points suivants:

I. Le mainstreaming du genre: une plus-value !
Chapitre qui permet de mieux comprendre l’intérêt de l’approche de genre et qui présente des informations théoriques sur l’intégration du genre dans le processus de la prise de décision.

II. DIGMA: contexte et méthodologie
Différents articles relatifs au projet DIGMA en tant que tel: le défi qu’a tenté de relever DIGMA (impliquer chaque décideur dans le processus de mainstreaming), les limites d’un projet qui ne prétend pas constituer la solution miracle vers la mise en oeuvre du mainstreaming, la définition du concept ‘instrument’, une réflexion sur les critères de sélection de DIGMA et sur les limites géographiques de la banque de données ainsi que quelques informations sur le public cible et les partenaires de DIGMA

III. Le genre et les décideurs de demain ?
Article relatif au rôle des instruments destinés à sensibiliser les enfants – les décideurs de demain – à la problématique du genre et à l’égalité.

IV. Présentation des informations
Une explication sur la manière dont les fiches de description sont présentées dans la banque de données.

V. Trucs pratiques pour la recherche
Une aide pour mieux guider les utilisateurs et utilisatrices de la banque de données dans leurs recherches.



Européenne parce qu’elle rassemble des matériels issus de plusieurs Etats membres de l’Union européenne, la banque de données DIGMA présente le résultat des recherches en trois langues. L’ensemble des informations sont présentées en anglais. Les instruments développés en Belgique, en France et aux Pays-Bas sont également décrits dans les langues des partenaires: le français et/ou le néerlandais.
L’anglais est la langue par défaut, ce qui signifie que, dans la version néerlandaise de la banque de données, si la description d’un instrument n’existe pas en néerlandais, cet instrument est présenté automatiquement en anglais. Idem pour la version française de la banque de données. Seule la version anglaise est donc unilingue.
Promotion des résultats, notamment via:

- la publication d’articles dans différents périodiques d’organisations de femmes ou impliquées dans la problématique de l’égalité entre hommes et femmes;
les canaux de communication des publics-cibles;

- l’organisation de la journée de clôture officielle du projet le 13 décembre 2002, avec pour public-cible les acteurs et actrices clés susceptibles de contribuer à la mise en œuvre du mainstreaming du genre, aux niveaux les plus élevés de la prise de décision;

- l’élaboration d’une brochure de promotion dans les trois langues du projet, distribuée en 3000 exemplaires dans l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne au cours de l’automne 2001, principalement vers un public de décideurs, vers les principaux services et organismes chargés de l’égalité des chances et auprès des (éventuels) promoteurs d’instruments;

- la réalisation de cartes postales dans les trois langues du projet, qui renvoient vers les adresses des sites web qui hébergent la banque de données (les sites des 3 partenaires transnationaux), distribuées également dans toute l’UE au cours de l’automne 2001 (en 5000 exemplaires)  mais vers un plus large public (centres de documentation et d’information, presse, etc);

- l’hébergement de la banque de données sur les sites des partenaires transnationaux (http://www.e-quality.nl et http://www.initielles.fr.st) en plus de celui d’Amazone, ce qui devrait multiplier le nombre de visiteurs sur le net.


Un travail de méthodologie soutenu par des partenariats solides

Les méthodes utilisées pour réaliser DIGMA ont essentiellement été des méthodes de collecte de données, de sélection et de classement de l’information, dont la méthodologie a été développée en collaboration avec les partenaires nationaux et transnationaux. A cet effet, le travail de construction de la banque de données fut largement facilité par la méthodologie et l’expérience acquises par Amazone au cours de la mise en oeuvre du projet EUWEDIN (développé dans le cadre de  NOW-Emploi dès janvier 1998, ce projet avait abouti à la construction d’une banque de données - , accessible sur Internet via le site web d’Amazone - rassemblant les projets, analysés sous l’angle du genre, menés par des initiatives d’insertion socio-professionnelle). Ces méthodes de travail furent largement renforcées par:

- la mise sur pied d’un comité d’accompagnement au niveau national belge, réuni pour suivre l’évolution du projet dans sa globalité (la Direction de l’Egalité des Chances entre les hommes et les femmes du Ministère fédéral de l’Emploi et du Travail, le Laboratoire d’Etude des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication et des Industries Culturelles de l’Université de Liège, le Centrum Gelijke Kansenbeleid
de la Katholieke Universiteit Leuven, l’Instituut voor de Overheid de la Katholieke Universiteit Leuven et la Vereniging van Vlaamse Steden en Gemeenten). En dehors des nombreux contacts entre Amazone et chacun des partenaires pour suivre l’avancement des travaux, le comité d’accompagnement se réunit à deux reprises et se pencha sur les questions suivantes: la définition des principaux concepts du projet (‘gender’, ‘mainstreaming’ et ‘instrument’), le développement d’une méthodologie pour la mise en œuvre du projet, les techniques de recherche des informations (Bruxelles - 27 octobre 2000) ET la construction de la structure de la banque de données, la construction d’un questionnaire descriptif et l’identification des besoins en matière d’outils de mainstreaming (Bruxelles - 18 avril 2001);

- la mise sur pied d’un partenariat transnational extrêmement actif (E-Quality pour les Pays-Bas et Initielles pour la France), qui se réunit aux trois moments cruciaux du développement du projet pour définir les concepts au cœur du projet, faire une proposition pour la classification des instruments, identifier les domaines d’action intéressants pour démarrer les recherches, mettre au point des techniques de recherche et de rassemblement des informations depuis leur collecte jusqu’à leur traitement en passant par leur classement, développer un concept pour la structure de la banque de données et préparer un planning et le partage des tâches entre partenaires transnationaux (Bruxelles - 27 octobre 2000), élaborer un questionnaire descriptif pour rassembler les informations, développer une structure et une terminologie fines pour la banque de données, identifier des critères de sélection précis pour les instruments, définir les langues de la banque de données (langues de la structure, langues des fiches de description et langues des titres de matériels), proposer un concept, une méthodologie et un planning pour l’encodage des informations dans la banque de données (Den Haag – 26 et 27 février 2001), et enfin présenter les instruments identifiés par la Belgique, sélectionner les instruments identifiés par la France et les Pays-Bas, donner les dernières instructions pour l’encodage des dernières informations et des corrections dans les ‘templates’, développer des procédures et un timing pour la traduction des fiches descriptives vers les trois langues du projet, faire des propositions pour les textes qui seraient présentés en toile de fond de la banque de données et organiser la promotion des résultats du projet dans chacun des trois pays (Toulouse – 9 au 11 juin 2001).
Pour chacune des trois réunions transnationales, la Belgique élabora préalablement aux réunions, à l’attention des deux autres pays partenaires, des notes de travail construites autour de propositions concrètes sur chacun des thèmes qui devaient être discutés en réunion. La France et les Pays-Bas faisaient des contre-propositions, une discussion s’entamait et une décision finale était prise par les trois pays.

Contraintes qui ont freiné l’avancement du projet

Parmi les principaux obstacles rencontrés au cours du projet, on peut citer:
la difficulté de délimiter précisément le terrain, en s’accordant notamment sur la définition exacte des principaux concepts au cœur du projet, et plus particulièrement sur une définition claire et stricte du terme ‘instrument’, de laquelle dépendait l’entièreté des phases de collecte et de sélection des informations. Des divergences importantes sont rapidement apparues sur ce point, certains partenaires souhaitant inclure dans la récolte d’informations des matériels qui débordaient de la définition qui avait été donnée au concept ‘instrument’. Ce fut notamment le cas pour des matériels qui, s’ils présentaient un intérêt en terme de sensibilisation sur le thème du genre, n’avaient pas été construits dans un processus de mainstreaming et ne constituaient donc pas en soi de véritables instruments méthodologiques (ex. vidéos, ouvrages, photos, etc) et pour des instruments qui s’adressaient à un public plus large que les seuls acteurs de la prise de décision auxquels la banque de données est prioritairement destinée (ex. des jeux éducatifs pour les enfants). 

La solution fut finalement de s’en tenir à la stricte définition qui avait initialement été donnée par l’équipe au terme instrument (voir plus haut);

la difficulté de comparer des pays qui visiblement n’avançaient pas tous selon le même rythme dans l’intégration du concept de mainstreaming. Cette difficulté amena une réflexion autour de la question ‘Certains pays seraient-ils plus avancés que d’autres dans la mise en œuvre du mainstreaming du genre, et donc dans la construction d’outils méthodologiques spécifiquement orientés vers le mainstreaming ?’ Au vu des instruments et matériels récoltés durant une année pour l’ensemble des pays, la conclusion semblait plutôt s’orienter vers l’idée que la différence concernait principalement la réflexion théorique, plus poussée dans certains pays – ou du moins auprès des cercles d’experts de certains pays – que dans d’autres. Sur le terrain en effet, il semblait clair que la mise en œuvre du mainstreaming en était au même point: aux balbutiements.
le temps, facteur clé dans la plupart des projets, mais plus particulièrement dans un projet qui exigeait, pour sa mise en oeuvre concrète, de multiples phases de ‘conquête’ et ‘reconquête’ des principaux concernés: les promoteurs d’instruments, qui à eux seuls, pouvaient à tout moment mettre en péril une des opérations capitales: la récolte des données. De leur bonne volonté dépendait donc le succès du projet.

En dehors de ces considérations, de nombreuses difficultés freinèrent le travail de récolte des informations:

- de nombreuses organisations se disaient non prêtes pour monter dans le train du mainstreaming, ou trouvaient que ce projet arrivait juste trop tôt pour pouvoir y trouver une place;
- le passage de l’égalité des chances ou de l’égalité tout court au mainstreaming est vécu comme étant extrêmement compliqué par toute une série d’organisations, en raison notamment d’une mauvaise compréhension du concept même de mainstreaming: arrêt des structures et actions spécifiques alors que les décideurs ne sont pas prêts;

- climat d’obligation;
la longueur de l’outil de questionnement (le questionnaire descriptif) et, en partie, sa (nécessaire) complexité;
un certain effet de concurrence a joué en défaveur de DIGMA, certaines associations craignant que leur outil ne soit récupéré par d’autres et qu’elles en perdent ainsi l’exclusivité (forme de protectionnisme par peur de perdre l’attrait commercial de leur produit, notamment pour les formations);

- ‘nous n’avons déjà pas le temps de travailler sur nos propres projets, alors encore moins sur ceux des autres’;
souvent, les organisations ne captèrent pas l’enjeu ni l’intérêt que représentait DIGMA en terme de visibilité pour leurs propres matériels (publicité gratuite, construction de réseaux nationaux et internationaux) – du moins pas d’emblée;
de nombreuses organisations ont développé des outils très intéressants, mais ne les ont jamais formalisés; au regard des critères de DIGMA, il n’était pas possible de retenir ces outils;

‘OK mais alors vous nous payez !’;
etc.
 
Pour contourner ces obstacles et convaincre les promoteurs de collaborer à DIGMA, plusieurs stratégies furent mises en place:

- promettre que l’outil ne serait pas développé en tant que tel dans la banque de données, mais qu’il n’y aurait qu’une description et un renvoi vers les coordonnées des auteur-e-s;

-insister sur le retour en termes de publicité et de meilleure visibilité pour les promoteurs des outils et pour les outils eux-mêmes;
les partenaires transnationaux ont souvent dû accepter de finalement remplir le questionnaire descriptif eux-mêmes, ce qui a fortement ralenti la phase de recherche.

Résultats atteints -  conséquences pour les politiques d’égalité F/H
Les résultats atteints nous confirment dans l’idée que le mainstreaming n’en est encore qu’à ses balbutiements et que beaucoup de réflexions théoriques ont été élaborées à son sujet sans que sa mise en œuvre ne soit forcément entamée concrètement. Si l’on analyse le volet ‘évaluation’ des fiches descriptives des instruments répertoriés dans DIGMA, on s’aperçoit aisément que les promoteurs ont souvent très peu de recul pour pouvoir envisager les véritables effets de leurs outils. DIGMA confirme en outre le fait que de nombreux domaines d’action  - tels que les sports et loisirs ou la justice - sont très insuffisamment couverts par les spécialistes des questions liées au genre et que les décideurs disposent là de très peu de sources d’information et d’outils pour se lancer dans l’analyse ‘genre’ de leurs politiques (ce qui handicape fortement l’effet ‘mainstreaming’ tant recherché) alors que d’autres, comme l’emploi ou encore l’enseignement le sont plus que largement.
De la même manière, on remarquera que les décideurs disposent d’un grand nombre d’instruments analytiques et éducatifs alors que les instruments participatifs / consultatifs se font plus rares. Sans surprise également, les phases du processus de mainstreaming les mieux couvertes sont dans l’ordre décroissant la sensibilisation des décideurs et leur accompagnement dans l’expertise ‘genre’ et la préparation d’une politique sur le plan conceptuel, suivies de loin par la mise en œuvre d’une politique et le contrôle de son impact sur le genre, l’accompagnement du processus de mainstreaming et l’évaluation du processus dans sa globalité.
Il ne faut par contre tirer aucune conclusion des chiffres relatifs au nombre d’instruments répertoriés par pays. Nous avons en effet déjà signalé que les pays qui semblent les mieux couverts sont ceux pour lesquels des équipes furent chargées de la récolte d’informations sur le terrain, alors que les autres ne furent touchés que via plusieurs intermédiaires.

Souhaitons que DIGMA, en sortant des placards des outils et des matériels riches mais souvent très peu diffusés, contribue à accélérer le travail de passage de la théorie à la pratique et favorise, via le facteur ‘transférabilité’, la construction d’instruments plus actuels et couvrant l’ensemble des domaines d’action dans la prise de décision.

La question de l’actualisation de la banque de données ?
A ce jour, la banque de données comprend 121 instruments. De nombreuses demandes nous parviennent pour introduire des instruments qui n’y sont pas encore répertoriés.
Le projet n’ayant bénéficié de subsides que pour une période d’une année, la question son actualisation sur le long terme reste sans réponse.

http://www.amazone.be/  
http://www.e-quality.nl/dossmain.html 
een nieuwe strategie van het emancipatiebeleid  

AMAZONE

Manual on gender mainstreaming at universities: Equal opportunities at universities: Towards a gender mainstreaming approach, rapport van het Centrum Gelijke-Kansenbeleid (Katholieke Universiteit Leuven) en Centrum voor Gender en Diversiteit (Universiteit van Maastricht), juni 2001
Te downloaden vanaf de volgende website's: 
http://www.genderdiversiteit.unimaas.nl
of http://www.kuleuven.ac.be/gkg/