S'emparer du temps pour mieux vivre : 
la maison du temps et de la mobilité
Belfort

 

 

La Maison du temps et de la mobilité

S’emparer du temps pour vivre mieux

 

http://www.cg90.fr/home/VLT52/INITIATIVES/init.html

« J’ai l’impression de courir après le temps ! » Qui n’a pas utilisé un jour où l’autre cette expression ? Qui n’a jamais eu ce sentiment désagréable de passer son temps à courir, ballotté d’une obligation à l’autre sans jamais avoir… le temps ! de souffler ? La Maison du temps et de la mobilité a été créée le 15 juin dernier, par le Conseil général, afin d’offrir à chacun la possibilité de participer à « l’harmonisation des différents rythmes de vie et de travail ». Une initiative qui porte déjà ses premiers fruits.

 

 

 

Se lever, préparer le petit-déjeuner, s’occuper des enfants, les amener à l’école, se rendre au bureau, récupérer les enfants à l’école, s’occuper des devoirs, faire un brin de ménage, coucher les enfants, préparer le dîner, s’accorder un peu de temps libre, se coucher et… recommencer le lendemain. À l’heure où dans la majorité des couples l’homme et la femme travaillent, l’égalité des sexes est-elle une réalité dans la gestion des tâches de la vie quotidienne ? Une question d’actualité à laquelle beaucoup de femmes répondent non. En Europe, les italiennes ont été les premières à proclamer leurs difficultés et à revendiquer des solutions. Leur démarche a débouché sur l’instauration d’une loi qui impose la création d’un bureau du temps dans toutes les villes de plus de 20 000 habitants. Des bureaux qui réfléchissent et proposent des solutions afin d’améliorer l’organisation des temps de la vie quotidienne. « Une ville a ainsi instauré un décalage dans les horaires d’ouverture des écoles mettant ainsi un terme aux embouteillages rituels aux heures de pointe », note Evelyne Pujo, chargé de mission à la Maison du temps et de la mobilité à Belfort.

 

 

Un des premiers projets mis en œuvre par la Maison du temps et de la mobilité : la création d’un service de garde d’enfants en horaires atypiques ou en urgence.

 

Améliorer la vie quotidienne

 


Depuis, l’initiative fait tâche d’huile. En France, quelques collectivités (villes de Poitiers, Saint-Denis, Lille, Paris, départements de la Gironde et du Territoire de Belfort) commencent à se préoccuper du temps, ou plus précisément des temps et de leur organisation. Selon Pierre Dommergues, conseiller scientifique à la Datar, « Hier, le temps était réglé par la sirène de l’usine. Avant-hier, il était réglé par la cloche de l’Eglise. L’enjeu d’aujourd’hui, c’est de savoir qui sera demain le maître des horloges, qui aura la responsabilité de réguler les temps. C’est un enjeu politique très fort ». Dans le département, l’idée a germé durant les « Carnets 2010 », l’opération de prospective organisée par le Conseil général au printemps 2000. « Les débats avaient fait émerger la problématique du temps et la volonté politique de s’y atteler. Nous avons donc intégré une dynamique initiée par la Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) et créé la Maison du temps et de la mobilité ». Impulsée par le Conseil général, sous forme d’association loi 1901, « pour faciliter les partenariats », cette nouvelle structure ambitionne « d’améliorer la vie quotidienne des gens. Il ne s’agit pas de révolutionner les modes de vie mais tout simplement, d’accepter de regarder le quotidien, d’identifier les problèmes, de voir les partenaires concernés et de permettre aux personnes de trouver les solutions ».

 

Forums, cercles et ateliers du temps


Pour ce faire, la Maison du temps et de la mobilité organise des « forums », des « cercles du temps » et des « ateliers du temps ». Depuis le mois de septembre, les habitants du Territoire sont ainsi conviés à participer une fois par mois à des débats publics où sont abordés divers thèmes (le temps des enfants, des transports, des quartiers, de la nuit…). « Les forums sont l’occasion tout d’abord, de sensibiliser les gens, puis d’identifier les problèmes et enfin de dégager des pistes pour les résoudre ». Les « cercles du temps » rassemblent les partenaires de l’association (entreprises, syndicats, associations…) « et toute personne qui le souhaite, précise Evelyne Pujo. Ils ont pour principal objectif d’émettre des suggestions et de définir des projets qui seront mis en œuvre par « les ateliers du temps » ». Un mode de fonctionnement qui a déjà donné vie à quatre projets concrets.

 

 

 

 

En Italie, une commune a instauré un décalage dans les horaires d’ouverture des écoles mettant ainsi un terme aux embouteillages rituels aux heures de pointe.

 

 

Des nouveaux modes de déplacement

 


« Nous avons très vite mis en avant un problème de déplacement dans le Territoire, notamment de communes à communes. Par exemple, la maison de retraite de Rougemont ne sait pas comment faire pour permettre aux personnes âgées de rejoindre Belfort facilement. Le dispositif de transport en commun actuel ne donne pas satisfaction ». La Maison du temps réfléchit en collaboration avec la communauté de communes du pays sous-vosgien, à un projet de transport à la demande qui, s’il donne satisfaction, pourra être étendu à l’ensemble du département. En parallèle, des contacts sont pris avec Alstom, Peugeot et l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) pour un projet de « plan de déplacement des entreprises ». « Aujourd’hui, les villes sont conçues pour les voitures. Les espaces sont occupés par des voitures ventouses. Ce ne serait pas mieux si les parkings étaient remplacés par des espaces verts ? Nous essayons de mettre en place avec nos partenaires un système qui permettra aux salariés de vivre mieux leurs trajets domicile-travail ». Le troisième projet concerne également les transports. « Il s’agit d’apporter des services supplémentaires. En installant des bornes numériques dans les bus et dans les rues, les personnes pourront avoir accès à une mine d’informations sur telle maison de quartier, telle entreprise, telle structure, les services qu’elles proposent etc… ».

 

Une solution pour les parents
en horaires décalés

 


Enfin, avec les réseaux de femmes et d’insertion du département, la Maison du temps et de la mobilité travaille sur la création d’un service de garde d’enfants en horaires atypiques ou en urgence. « Les parents qui ont des horaires de travail décalés rencontrent de véritables difficultés pour faire garder leurs enfants. Les « ateliers » réfléchissent à la création d’un réseau d’assistantes maternelles polyvalentes qui interviendraient à domicile ». Réfléchir sur notre quotidien, identifier les problèmes et mettre en œuvre des solutions… La Maison du temps et de la mobilité s’est fixée pour objectif de mobiliser les énergies autour de l’amélioration de la vie quotidienne dans le Territoire de Belfort. Un projet porteur d’espoir pour les années et les générations à venir car, comme soulignait Antoine de Saint-Exupéry « l’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre ».

> Contact
Maison du temps et de la mobilité
Luc Gwiazdinski, directeur
7, rue Plumeré
90000 Belfort
Tél. 03 84 90 17 00
E-mail : mtm@maisondutemps.asso.fr  

http://www.maisondutemps.asso.fr/plugin.htm