Journée Mondiale de l'Habitat 2000
Les femmes dans la gouvernance urbaine

 

CNUEH (Habitat)  http://www.unchs.org/unchs/english/whd2000/whdf2000/celebs.html 
UNCHS (Habitat)  http://www.unchs.org/ 


La Journée Mondiale de l’Habitat (JMH) est célébrée dans le monde entier.
par l’ensemble des partenaires qui font la ville aujourd’hui (Etat, autorités locales, associations, ONG, architectes, services techniques, habitants…..).
En 2000 le Centre des Nations Unies pour les Etablissements Humains (CNUEH), aretenu une thématique : "Femmes dans la gouvernance urbaine".

Le renforcement des pouvoirs des femmes pauvres en milieu urbain constitue une priorité importante des activités du CNUEH (Habitat). C’est l’une des raisons qui expliquent le choix du thème de la Journée mondiale de l’habitat de cette année: "Les femmes dans la gouvernance urbaine". Deux objectifs doivent être atteints pour bien traiter la question d’une meilleure gouvernance: - faire participer davantage de femmes en tant que décideurs sur les questions urbaines, - traiter les problèmes urbains qui touchent en particulier les femmes .

A l’heure actuelle, on compte beaucoup moins de femmes que d’hommes parmi les dirigeants et les décideurs, a tous les niveaux de la vie publique, que ce soit dans les gouvernements nationaux et locaux ou dans les associations de quartiers. Toutefois, elles sont plus nombreuses au niveau local que central.

Du fait de leur absence du processus de prise de décision, les problèmes affectant surtout les femmes sont souvent négliges. Un premier exemple est celui des besoins des femmes en tant qu’utilisatrices des transports publics : ces besoins sont différents de ceux des hommes et rarement pris en compte dans la planification. Un deuxième exemple concerne les activités des femmes dans les quartiers informels: ces activités de création de revenus sont souvent menées a domicile ou a proximité et les règlements de zonage continuent de les considérer comme illégales.

La campagne mondiale lancée par Habitat sur la Bonne gouvernance urbaine a pour objectif l’inclusion. Ceux qui sont exclus des décisions concernant la gestion des villes et des quartiers doivent pouvoir exprimer leur opinion. Toute ville, grande ou petite, du Nord ou du Sud, peut bénéficier d’une bonne gouvernance si elle s’assure que les décisions sont prises dans l’intérêt collectif. Mais qui sont les exclus? En général, ce sont les pauvres des quartiers informels dans les villes du Sud ou les groupes ethniques minoritaires dans les villes du Nord. Ce que les villes du nord et du sud ont > en commun, cependant, c’est la nécessite d’inclure les femmes dans la gouvernance urbaine, plus qu’elles ne le sont actuellement. Les femmes ne sont pas un groupe minoritaire. Elles représentent la moitie de l’humanité et elles ont le droit d’être écoutées.

  Il ne s’agit pas simplement d’une question de justice sociale. C’est aussi une question d’efficacité. Le fait d’inclure les femmes dans la gouvernance urbaine permettra aux villes et aux quartiers de mieux fonctionner. Dans tous les foyers du monde, les femmes sont chargées de nettoyer la maison. C’est aussi trop souvent ce qui se passe dans les quartiers informels prives de services publics. Les recherches menées dans les villes du sud montrent que lorsque les femmes ne participent pas aux prises de décisions publiques, la qualité des services se détériore. Les femmes sont souvent chargées des besognes les plus désagréables et parce que le type de travail qui leur est assigne n’a pas de statut, on leur demande rarement leur avis et on les choisit d’autant moins pour donner leur opinion et parler en public.

  Pourtant, pour assurer le bien-être de leurs familles, les femmes prennent souvent des initiatives en lançant des mouvements populaires urbains. Cette tendance a commence a être reconnue dans les années 1990 lorsque dans le monde entier, les femmes ont cherche a s’informer sur leurs préoccupations communes. Les chercheurs ont aussi remarque que les mouvements sociaux urbains caractéristiques du vingtième siècle comme les mouvements ouvriers l’ont été du dix-neuvième, tournent tous autour des questions concernant les femmes, la famille et le quartier. On note, cependant, que les hommes reprennent en général les commandes des organisations créées le travail et l’imagination des femmes.

  En Amérique latine, ce sont les mères qui ont lance la campagne du "verre de lait" elles ont aussi combattu les épidémies de choléra dans les villes grâce a de meilleures conditions d’assainissement et crée des associations de mères qui ont permis de porter les femmes aux postes de responsabilité locale. En Asie, les femmes luttent contre l’éviction et pour leurs droits civiques en tant qu’habitantes des trottoirs. En Afrique, les groupes de femmes poursuivent leurs efforts d’amélioration des logements et des quartiers. En Europe et en Amérique du nord, les femmes se sont mobilisées pour une meilleure planification et de meilleurs services de transport. Dans le monde entier, les femmes se battent pour transformer la gouvernance urbaine en partant de la base.

  Des progrès sont enregistres et les organisations membres de la Commission de Houairou ont joue un rôle particulièrement actif. Le réseau GROOTS, par exemple, présente différents cas de femmes intervenant dans la gouvernance urbaine, tandis qu’une "académie populaire" des meilleures pratiques est organisée cette année.

  Les organisations de femmes sont parvenues a influencer les politiques du logement dans plusieurs villes néerlandaises et les politiques de transport dans certaines villes canadiennes. En Amérique latine, une "Fédération des responsables municipales" a été créée, uniquement constituée de femmes assumant des responsabilités de maires et de conseillères municipales. En Inde, dans la plupart des villes et des agglomérations urbaines, un tiers des conseillers municipaux sont des femmes.

  La Charte européenne des Femmes dans la Cite a été développée au cours de la dernière décennie. Par ailleurs, l’Union internationale des villes et pouvoirs locaux (IULA) a promulgue une Déclaration mondiale sur les femmes dans le gouvernement local.

  En collaboration avec ses partenaires, Habitat va s’appliquer a définir des normes et des principes ainsi que les moyens de mise en oeuvre, en tant que partie intégrante des campagnes mondiales et du processus préparatoire d’Istanbul+5. Le premier pas sera constitue par une Déclaration internationale sur la Bonne gouvernance urbaine, pour compléter la Charte mondiale de l’autonomie locale. L’un des nouveaux outils ayant déjà été testes est une série d’indicateurs permettant d’assurer le suivi de la prise de décision participative. Ces indicateurs placent la question du genre au centre du débat. Chaque indicateur propose des moyens de mesurer la participation des femmes comme celle des hommes. Le but est de mettre en place des structures gouvernementales qui associent et incluent les citoyens et leurs organisations.

  La campagne d’Habitat pour la bonne gouvernance urbaine entend assurer que les initiatives populaires des femmes sont prises en compte grâce a des structures de gestion urbaine inclusives. Une gestion urbaine inclusive doit tenir compte de la question du genre. Cela signifie que les femmes sont engagées comme les hommes dans la prise de décision, mais cela implique aussi que chaque personne participant a une prise de décision en matière de gouvernance urbaine doit prendre en compte aussi bien ce que font les hommes que ce que font les femmes.